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Le carnet d'Intima

Dossier

Dessous menstruels : la nouvelle règle

30 July 2021

Sophie Morin, styliste et directrice artistique indépendante, consultante auprès du cabinet de conseil Promostyl Paris, nous apporte son expertise pour faire le point sur ce segment en plein essor.

Photo ci dessus : Malucette

Elles ont débarqué sur le marché français en majorité depuis 2017, elles s’appellent Réjeanne, Sisters Republic, PROOF, Blooming, PliM, Smoon Lingerie, Bloomie Loomie, La Minette… ce sont ces jeunes marques qui tentent de révolutionner le marché de l’hygiène féminine avec leurs culottes menstruelles. Un marché qui n’avait pas, ou peu, innové depuis 1930…


Nées sous l’influence de plusieurs articles qui ont eu l’effet d’une bombe, à propos du « syndrome du choc toxique » provoqué par un mauvais usage du tampon ; les jeunes marques digital natives proposant des alternatives plus naturelles se sont développées à vitesse grand V en France ces dernières années. Le chiffres parlent d’eux-mêmes, 15% des femmes se sont mises à utiliser des culottes de règles au cours des 12 derniers mois*. Une progression importante et rapide, certainement boostée par la pandémie, les confinements à répétition et le télétravail qui ont permis de tester ces produits à la maison, avant de les utiliser à l’extérieur. À contrario, l’utilisation de solutions jetables dont l’image s’est fortement dégradée dernièrement a régressé depuis 2017, avec -5 points pour les serviettes (81%), -9 points pour les protège-slips (46%) et jusqu’à -10 points pour les tampons (44%).

La fin d’un tabou

D’une année sur l’autre, notamment grâce à l’usage des réseaux sociaux, la parole se libère un peu plus. On parle volontiers et sans tabou de règles, de vulve, de sexualité, de féminité et de respect. Les artistes engagées pour la cause féminine comme Angèle, ou Charlotte Abramow à travers ses clips, œuvrent pour rendre accessibles et ludiques auprès des plus jeunes, des sujets comme la période menstruelle.
À l’heure où les marques dévoilent les vrais corps des femmes, où l’inclusivité s’invite dans toutes les collections, où le body positive est devenu une norme ; il n’est plus possible de cacher la réalité : les règles, bien que naturelles, sont parfois difficiles à vivre, et les femmes, aujourd’hui encore, peinent à trouver de réelles solutions pour les rendre moins contraignantes.
Contraignantes, mais aussi douloureuses. Près d’une femme sur deux est sujette à la dysménorrhée**, à tel point que 87% des femmes interrogées souhaiteraient ne plus avoir de règles… Logique, lorsqu’on sait que 74% d’entre elles ne se mettent pas en maillot de bain quand elles ont leurs règles (83% chez les 15-19 ans), que 57% cessent leur activité sportive (76% chez les 15-19 ans), que 31% déclinent un rendez-vous galant et 28% une sortie entre amis (39% chez les 15-19 ans).
Un constat qui ne s’arrête pas là, puisqu’au moins une fois dans une période de leur vie, il est arrivé à 30% des femmes, de ne pas pouvoir utiliser le nombre de protections nécessaires par manque d'argent (jusqu’à 37% chez les 20-29 ans / 1/3 des étudiantes)*. La précarité menstruelle, récemment médiatisée, fait légèrement bouger les lignes. Ainsi, alors que l’enquête nous révèle que 92% des femmes sont favorables à l’accès gratuit aux protections féminines dans les lieux publics, depuis mars dernier ces dernières sont enfin en libre-service dans les Crous, cités et résidences universitaires. En septembre prochain, elles le seront dans les universités elles-mêmes. Les pouvoirs publics sont cependant très lents à mettre en place ces dispositifs, et il va falloir encore attendre plusieurs mois, si ce n’est plusieurs années, avant de voir des distributeurs accessibles dans les collèges, lycées et sociétés privées.
Face à cette situation, de jeunes start-ups dynamiques, flexibles et disruptives, s’appuient sur le digital, afin de proposer des solutions alternatives et immédiates, comme les culottes de règles, en mesure de faire évoluer les mentalités et les usages.

Photos ci-dessus : Bloomie Loomie

Economiques et écolo ?

Réutilisables jusqu’à trois ans en moyenne, à condition de bien les entretenir, les culottes menstruelles permettent sur le moyen / long terme de réaliser des économies. Elles représentent un coût significatif au départ, il faut compter en moyenne 30 à 40€ pièce et il est conseillé d’en avoir trois ou quatre à utiliser de jour comme de nuit pour couvrir un cycle ; mais l’investissement est vite amorti puisqu’une femme dépense environ 7,50€ par cycle en protections classiques jetables***, soit en trois ans plus de 290€. D’ailleurs, il semblerait que 54% des femmes se tournent vers les culottes de règles dans le but d'économiser de l’argent*.
Catalysées en parallèle par l’urgence de trouver des solutions plus écoresponsables aux protections classiques, qui représentent 7% de la totalité des déchets produits, les culottes menstruelles sont une nouvelle solution pour tenter de limiter les déchets liés aux règles.
Soucieuses du problème, la plupart des marques conçoivent leurs produits dans une démarche écoresponsable. Ainsi, Chantelle, qui vient de sortir deux modèles baptisés « Culotte (M) », utilise de la dentelle issue de stocks dormants, et entre 29% et 40% du poids de chaque produit est conçu avec des fibres recyclées. Chez Sloggi, qui prévoit de lancer les siens l’année prochaine, la conception est entièrement pensée de manière écoresponsable. La marque australienne Modibodi utilise quant à elle du nylon recyclé.
Les culottes périodiques utilisées seules permettraient donc de réduire l’impact sur l’environnement, mais à condition de ne pas utiliser trop d’eau pour les laver !
Et c’est là qu’est le problème - comme le souligne Sophie Morin - puisque pour conserver l’efficacité absorbante des couches du gousset, il faut d’abord les rincer abondamment à l’eau très froide (pour éviter de « cuire » le sang et qu’il ne tâche), puis les mettre en machine en cycle normal. Rares sont les marques qui travaillent et communiquent autour d’une utilisation responsable de leurs produits. Dans ce souci, Sisters Republic propose une solution intelligente avec sa pochette « magique 3 en 1 », qui permet de stocker les culottes utilisées et rincées, en attendant de ne lancer qu’une seule machine en fin de cycle.

Photo ci-dessus : Culotte (M), Chantelle

Le Made in France, un atout de séduction  

Au même titre que le coton biologique, le Made in France est très en vogue chez les digital natives, qui prônent une consommation plus raisonnée et une fabrication locale, gage de qualité.
Inscrite dans cette logique, la marque Achel par Lemahieu, marque propre du fabricant français des Hauts-de-France, déjà très présente chez les détaillants lingerie, propose des produits majoritairement en coton biologique dans une démarche verticalisée, qui permet une empreinte carbone quasi-neutre, puisque presque tout le processus de fabrication est intégré. La marque prône une consommation raisonnée et une fabrication juste, certifiée par les labels France Textile, Origine France Garantie et Entreprise du Patrimoine Vivant.
D’autres marques se penchent elles aussi sur des innovations matières dites « bio-sourcées » toutes d’une extrême douceur, respectueuses de l’Homme et de l’environnement. Citons l’exemple de Marguette avec son shorty « Wooly » mais aussi Modibodi qui propose des produits en fine laine mérinos thermorégulatrice parfaite pour l’activité physique.


Pour le bien-être et le confort


Selon l’IFOP, 69% des femmes seraient prêtes à utiliser les culottes menstruelles, un pourcentage qui arrive à 73% chez les 15-19 ans et 75% chez les 30-39 ans. Parmi les principales raisons invoquées par les femmes, la recherche d’un plus grand confort arrive en tête (94%) avec la santé du corps (92% sans danger pour la flore vaginale, 83% éviter le syndrome du choc toxique). Le souci d’écologie n’est pris en compte que par 61% d’entre elles.
Si ce nouveau produit provoque un tel engouement, c’est sûrement parce qu’il offre plus de bien-être et de confort que les solutions classiques. Les nouvelles marques l’ont bien compris, c’est pourquoi la majorité de leur offre, plus précisément 40%*, est en coton biologique. Le coton certifié bio rassure et a toujours le vent en poupe chez les utilisatrices qui le considèrent comme la matière la plus saine, antibactérienne, agréable et écologique possible, puisqu’il est bio.

Sont-elles efficaces ?

Mais en quoi les dessous menstruels seraient plus confortables ? Sur le papier, porter une culotte de règles dont le fond est à triple, voire quadruple épaisseur, ne semble pas répondre aux attentes de confort des femmes… Encore une fois, Sophie a la réponse : « Une fois le cap franchi, on se rend compte qu’en effet, elles sont bien plus confortables qu’une serviette ou un tampon qui bouge. En effet, parce que le dispositif des culottes périodiques est totalement intégré au produit, on les oublie bien plus vite au porter. De plus, la plupart des marques travaillent sur des dispositifs très fins, qui s’adaptent parfaitement à la morphologie féminine et qui se révèlent au final bien plus performants que des protections classiques. ». C’est le cas de Sloggi qui a développé un produit ultra léger et fin, qui permet de garder sa culotte toute la journée avec la même efficacité que plusieurs serviettes ou tampons.
Quasiment toutes les marques couvrent les différents flux, du plus léger jusqu’au plus abondant, et proposent des modèles qui répondent aux différents besoins. L’essentiel est de trouver le modèle dans lequel on se sent le plus à l’aise. Devant l’offre pléthorique, pour aider les femmes à trouver la culotte qui leur correspond, des influenceuses passent au crible les différentes marques. C’est le cas de Justine @whatwhatjune qui dans son blog What What, donne son avis et note une trentaine de marques après les avoir étudiées et testées.
Les marques elles-mêmes conseillent leur communauté sur le choix des produits, comme Elia, qui s’est dotée d’un algorithme sur son site, en mesure de conseiller les utilisatrices sur le type de protections en fonction des réponses données à un questionnaire en ligne.

Photo ci-cessus : Crochets Izi, PliM

Côté pratique, comment ça marche ?

85% des femmes se tournent vers les culottes de règles car elles considèrent qu’elles sont plus faciles à utiliser*. Pourtant, il semble plus compliqué de devoir retirer entièrement son sous-vêtement durant la journée plutôt que de changer de serviette ou tampon. C’est particulièrement vrai pour les plus jeunes qui fréquentent des lieux publics, écoles ou universités, dont les sanitaires laissent parfois à désirer…
Pour répondre à ce frein, plusieurs marques proposent des solutions innovantes particulièrement intéressantes. C’est le cas des marques Blinx et PliM qui ont développé un système d’ouverture sur les côtés par boutons pressions ou agrafes, permettant un enfilage facile de la culotte, sans être obligée de se déshabiller.
D’autres marques proposent l’ajout de serviettes lavables qui s’insèrent dans le produit. L’avantage est que l’on change sa serviette au cours de la journée sans retirer sa culotte et on peut rajouter autant de couches que nécessaire selon son flux. Sur ce principe, Mïu Cup a créé un modèle doté de deux élastiques sur le fond dans lesquels on vient disposer un ou plusieurs « inserts » lavables, supplémentaires (livrés avec la culotte) pour renforcer le niveau d’absorption. Mme L’Ovary, marque canadienne, propose un pack incluant trois serviettes lavables amovibles qui se glissent dans deux petites pochettes intégrées au fond de la culotte. La marque américaine Aisle, a imaginé une doublure ouverte devant et derrière sur le fond qui permet de rajouter son dispositif de serviettes lavables appelé « booster ».

Photo ci dessus : Malucette


BANC D'ESSAI

Dans le cadre de ce dossier, Sophie et son équipe ont testé et étudié un grand nombre de modèles de différentes marques présentes sur le marché, voici les résultats :

La conception est fondamentalement la même pour toutes les marques et comporte au minimum trois couches de matières en gousset.

La première couche, celle qui est au contact de la peau, est généralement en coton, coton biologique ou en fibre cellulosique. Cette première couche a pour fonction de drainer, donc de récupérer le liquide et de le ramener rapidement au centre du dispositif, vers les couches inférieures, pour éviter la sensation d’humidité. Le coton est l’une des fibres les plus performantes pour remplir cette mission, puisqu’il est hydrophile.

La deuxième (voire 3ème et 4ème) couche, est celle qui fonctionne comme une éponge afin de récupérer et enfermer le liquide. Elle est généralement réalisée en viscose de bambou, d’eucalyptus (Tencel) avec un tricotage éponge ou interlock. Les fibres cellulosiques sont privilégiées ici pour leurs performances d’absorption. Notons que la fibre naturelle de chanvre, qui a les mêmes propriétés, intéresse également les nouvelles marques qui tendent de plus en plus à l’utiliser.

La dernière couche est celle qui bloque. Elle est généralement en polyuréthane respirant, matière performante pour ses qualités imperméables qui évitent les fuites sur la matière globale du produit. C’est la seule couche qui soit issue de la pétrochimie et qui pourrait provoquer un frein psychologique, mais c’est à ce jour, la seule solution trouvée. Le polyuréthane est essentiel au bon fonctionnement du produit mais n’est jamais en contact direct avec la peau.

Pour éviter les taches sur la matière principale du produit, certaines marques doublent entièrement leurs culottes, souvent avec du coton biologique à l’intérieur, comme chez Achel par Lemahieu, Mina Storm, Réjeanne ou Perdième Lingerie.

La technologie des culottes périodiques est donc simple, elle ne nécessite pas de gros travaux de recherche et est rapidement copiable et duplicable. C’est sans doute pour cette raison que les nouvelles marques fleurissent, car elles ont bien compris que ce marché est en pleine croissance et que l’investissement pour une promesse de haute technicité n’est pas tellement plus élevé que pour une culotte classique.

Globalement l’offre est performante et fait ses preuves au niveau même du dispositif du fond. En revanche, la faiblesse rencontrée chez une majorité de marques, se situe au niveau des bords et des finitions du tour de cuisses. En effet, en cas de flux important ou de port trop prolongé du produit ; les couches intérieures absorbantes saturent, elles sont gorgées de liquide et le sang n’a pas d’autre choix que de se répandre dans les élastiques de chaque côté. Et là, c’est la fuite à coup sûr ! La plupart des acteurs connaissent cette faiblesse et travaillent pour l’améliorer.

Comment s’y repérer ?

Quelques marques essaient de se distinguer sur le marché, d’améliorer les performances du dispositif, de garder une longueur d’avance par rapport à leurs concurrents et de frapper les esprits avec une recherche et développement plus poussée, parfois avec un brevet à la clé. C’est le cas de Blooming, déjà présente en grande distribution, chez Monoprix et dans les réseaux bio, dont le « liner » technique doté de 4 épaisseurs est breveté et fabriqué en France. Parmi ses produits, la marque propose des modèles avec un fond (première épaisseur) alvéolé pour une sensation de fraîcheur et un drainage plus rapide. DIM capitalise sur la même finition, avec une première couche en coton meshé.
Dans un autre genre, la jeune marque Célisette, revendique un nouveau dispositif de fond appelé Gyncare avec l’apport d’une matière innovante, le Charcoal composé de bambou et de charbon qui masque totalement les odeurs. Motivée par le même objectif, la marque Periodita a lancé des modèles micro-encapsulés au parfum de jasmin pour éliminer les mauvaises odeurs, qui résiste jusqu’à trente lavages.
À suivre de près également, la jeune marque de lingerie NOO, qui lancera ses modèles l’an prochain basés sur une nouvelle technologie pour un nouvel usage.
Enfin la marque Elia propose une approche nouvelle qui intègre en plus des différentes épaisseurs de gousset, un « comparateur de lingerie menstruelle » permettant de comprendre l’importance d’avoir une bonne protection, du placement et de la taille du fond, en fonction de son flux.
Si le marché en France est très récent et que les marques sont encore jeunes, aux États-Unis, elles sont bien plus avancées technologiquement car elles se sont implantées depuis plus de dix ans pour certaines.
C’est le cas de Proof, créée en 2005, qui a déposé pas moins de trois brevets du nom de « Leak-Loc ». Il s’agit d’un système antifuite et anti-humidité, garanti par une première couche antibactérienne interlock développée par la marque, des bords de cuisses thermo-soudés qui empêchent toute fuite de passer - contrairement aux coutures qui laissent des points de passage à cause des trous formés par les aiguilles - et un thermocollage de la dernière doublure imperméable qui bloque totalement le liquide.
De même chez Ruby Love, on trouve une ouverture innovante au milieu de la première couche appelée « Dry-Tech Mesh », qui permet de diriger le liquide directement vers le cœur du gousset en évitant qu’il se répande sur les côtés. Ce système permet également d’incorporer d’autres serviettes lavables si besoin.

Photo ci-dessus : Malucette

Pour tous les goûts

Les basiques fonctionnelles
D’un point de vue du style – élément cher à notre experte -  la majorité des marques proposent des produits fonctionnels et donc basiques. Coloris unis, avec le noir en tête car c’est celui qui résiste le mieux aux souillures. Le noir est également la couleur la plus fréquente sur le fond des culottes, bien qu’elle ne permette pas de visualiser le flux. Ainsi, plusieurs marques proposent un fond clair, souvent gris chiné, afin selon elles de « reprendre en main » son flux et de pouvoir surveiller son évolution. C’est le cas de Célisette, Fempo, Aglaé Lingerie et Lyeva.

Les épurées
Dans un style épuré, la marque Smoon, déjà très présente, notamment chez Monoprix, propose des culottes invisibles et seconde peau en microfibre, conçues en bords francs thermocollés et aux goussets extra-fins, parfaits pour remplacer un protège-slip. Toujours dans une recherche d’invisibilité, Blooming vient de sortir des modèles en dentelle à bords francs et sans-couture sur les fesses. Ma Lucette s’est spécialisée dans le tanga menstruel. Fempo a misé sur une gamme de nude dans une démarche d’inclusivité et Modibodi a lancé un modèle en coloris peau.
Le style sporty n’est pas en reste, à l’instar de DIM qui propose ses produits agrémentés d’un élastique à la taille, graphique et signé. Mme L’Ovary joue sur la couleur rouge à la taille, en contraste avec le noir.

Les féminines
Nées d’une démarche de création de marques entièrement dédiées à la période menstruelle, les pure players n’ont pas forcément une démarche de lingerie à part entière.
À contrario, plusieurs offres, notamment issues de marques de lingerie, se différencient par des modèles plus féminins avec l’apport de dentelle, de matières et de formes plus recherchées. Dans cette optique là, Chantelle et Sloggi travaillent sur des modèles incorporant de la dentelle qui viennent compléter leur offre en haut-du-corps. Chez Lyeva, les culottes hautes sont élégantes, riches en matières avec l’utilisation de velours, de voiles, de satin et de ceintures avec du Lurex, et se coordonnent aux brassières et triangles. Du côté de chez Mina Storm, on capitalise sur les fantaisies déjà développées sur les brassières pour créer de véritables ensembles de lingerie avec notamment une matière en Lurex très douce et très disco.

Les imprimées
D’autres acteurs misent sur la fantaisie, avec des imprimés pour une clientèle plus jeune. On notera les jolis imprimés floraux et poétiques qui renouvellent la culotte Liberty avec sa pochette assortie créés en collaboration avec Dorothée Lafontaine chez Aglaé Lingerie. Pour sa part, Oûna Swiss mise sur l’influence de la lune en travaillant des mix d’imprimés mystiques associés à des dentelles. Perdième Lingerie propose des imprimés créés par des graphistes du monde entier avec des triangles assortis.
On trouve également des « spécialités régionales » comme par exemple La Minette, marque bretonne qui revisite l’esprit de la marinière de manière audacieuse en associant les rayures à des tulles et bords dentelle graphiques. Meuf Paris a également sorti sa propre gamme en collaboration avec Agathe Sorlet illustratrice, qui a créé des motifs exclusifs. Idem chez Loop avec une capsule conçue par la blogueuse Pauline Torres, qui a imaginé des fantaisies mélangeant peaux de bête et fleurs, déclinées aussi en pochette et chouchous pour les cheveux. Moodz propose quant à elle des culottes très show-off en maille Lurex associée à du tulle et des imprimés zébrés. Elia décline des culottes avec des imprimés léopards mixés de manière asymétrique avec du tulle. Enfin, Mïu Cup joue avec des imprimés décalés et ludiques comme des bouches et des yeux.


Tout ce qui reste à faire

L’inclusivité est très travaillée par certaines marques, comme Moodz qui casse toutes les règles en proposant un boxer non genré adapté à toutes les personnes menstruées ou chez Meuf Paris, qui mise sur un boxer mixte en côtes pour plus de confort.
Chez Chantelle l’inclusion de tailles est importante, puisqu’elles démarrent au 34 et montent jusqu’au 46.
Beaucoup de marques étendent leurs gammes pour couvrir tous les âges, ainsi la plupart déclinent leurs modèles pour les ados dès 12 ans ou à l’inverse, certaines revendiquent une inclusion jusqu’à la protection des fuites urinaires. Bloomie Loomie dédie son offre aux 12-25 ans avec des élastiques rayés et brassières coordonnées.
Rares sont les marques françaises à proposer des produits performants et conçus spécialement pour le sport. C’est néanmoins l’objectif que s’est donné une nouvelle venue sur le marché, Werelola qui lancera sont crowdfunding d’ici la fin de l’année et proposera des produits menstruels performants pensés pour la pratique d’un sport actif, avec un look et des matières techniques issues du sportswear. Rejeanne s’est associée à la célèbre judokate Clarisse Agbegnenou pour créer une collection sportive et féminine. La marque parle également de « Period Wear », avec l’arrivée de leggings et shorts menstruels.
En Australie et aux États-Unis, les marques sont bien plus avancées sur le terrain du sport et proposent des produits performants et conçus pour être portés pendant l’activité physique. C’est le cas des pure players tels que Modibodi qui a lancé des packs activewear associant un legging à leurs culottes menstruelles. Chez Thinx on trouve des leggings, shorts, cyclistes dotés du même dispositif que leurs culottes et des modèles en micro résille à effet fraîcheur. Idem chez Ruby Love qui propose également des bodies. Enfin Adidas a bien compris les enjeux d’un tel marché et commence à lancer sa propre gamme sportswear nommée « Stay in Play », dans une démarche éco-responsable, avec des collants et des leggings au look unisexe, destinés à être portés en support à une autre protection pour assurer une parfaite étanchéité.

Et les maillots ?

Et du côté du bain ? S’il y a bien un domaine dans lequel les produits périodiques sont plus qu’attendus, c’est bien celui-ci. Les jeunes marques françaises s’y attellent, bien que le challenge soit encore plus difficile à relever dans ce domaine. Forcément les dispositifs conçus pour les dessous, ne font pas spécialement bon ménage au contact de l’eau. Néanmoins, les marques qui proposent des maillots de bain de règles assurent qu’ils fonctionnent et que l’on peut se baigner avec. Ainsi Célisette, s’est lancée sur le marché avec un modèle une pièce basique pour femme et pour ado, doté d’un réglage en bretelles, afin d’ajuster parfaitement le bas du produit. Fempo et Blooming proposent les leurs en version deux  pièces. Rejeanne a travaillé des formes une pièce très féminines ou plus sportives. Bloomie Loomie, le spécialiste de l’offre pour les ados, propose des modèles sporty ou imprimés en versions deux pièces ou une pièce. Loop a lancé une jolie ligne avec une maille Lurex très chic. Chez Elia, les deux pièces sont dotés de triangles réversibles.

Photo ci-dessus : maillots de bain menstruels Célisette

Un marché colossal

Au final, le marché des culottes périodiques est bien un nouveau segment colossal qui se crée et donc une nouvelle source de revenus substantiels car il concerne plus de la moitié de la population mondiale. Au-delà des « simples » sous-vêtements menstruels, la technique, lorsqu’elle est parfaitement maîtrisée, peut s’adapter à tout type de vêtements du dessous, du dessus, du jour, de la nuit et pour tout type d’activité.
Boosté par le digital qui permet à de jeunes start-ups de se lancer avec une distribution en propre dans un premier temps, ce secteur a de beaux jours devant lui. À l’évidence, de nouveaux concepts produits vont voir le jour sous l’impulsion de pure players qui feront évoluer les marques institutionnelles souvent frileuses à l’idée de se lancer dans des offres plus inclusives et innovantes avec des solutions concrètes, répondant aux réels besoins des différentes étapes de la vie des femmes en leur offrant enfin le confort qu’elles méritent.

*Étude Ifop pour Eve and Co et 20 Minutes réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 18 au 19 mars 2021 auprès d’un échantillon de 1009 femmes, représentatif de la population féminine française âgée de 15 à 49 ans.
**Étude Ifop réalisée  pour Intimina par questionnaire auto-administré en ligne du 17 au 18 avril 2021 auprès d’un échantillon de 1010 femmes, représentatif de la population féminine française âgée de 15 à 49 ans résidant en France métropolitaine.
***Enquête réalisée par le journal Le Monde selon leur propre méthode de calcul, publiée le 02 juillet 2019.



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