Après l’obtention de son Indication Géographique française en 2024, la Dentelle de Calais-Caudry bénéficie désormais d’une reconnaissance à l’échelle de l’Union européenne. Une avancée pour les manufactures historiques, dans un contexte industriel qui reste difficile.

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La Dentelle de Calais-Caudry bénéficie désormais d’une Indication Géographique protégée dans les 27 pays de l’Union européenne. Obtenue à la suite de la reconnaissance française accordée par l’INPI en janvier 2024, cette homologation vise à préserver l’origine et les méthodes de fabrication d’une dentelle étroitement liée à l’histoire de la lingerie et de la haute couture.
L’appellation est réservée aux dentelles produites dans les bassins historiques de Calais et de Caudry, sur des métiers Leavers, selon un cahier des charges précis. Elle permet ainsi de distinguer cette production des dentelles fabriquées selon d’autres procédés ou dans d’autres régions, tout en renforçant sa protection contre les contrefaçons.
Un savoir-faire qui repose sur des compétences rares
La fabrication de la dentelle Leavers fait intervenir une succession de métiers spécialisés, depuis la conception des dessins jusqu’aux opérations de finition. Dessinateurs, pointeurs, ourdisseurs, tullistes ou raccommodeuses contribuent à un processus dont la maîtrise nécessite de longues formations et une expérience difficilement remplaçable.


Pour les manufactures de Calais et de Caudry, la transmission de ces compétences représente aujourd’hui un enjeu majeur. Plusieurs ateliers forment directement leurs futurs collaborateurs, dans un secteur confronté à des difficultés économiques et au renouvellement de ses effectifs.
Une reconnaissance, mais aussi des défis industriels
Au-delà de la protection de l’appellation, l’Indication Géographique européenne offre aux producteurs un argument supplémentaire auprès des marques et des acheteurs internationaux, en garantissant l’origine et l’authenticité de leurs dentelles.
Elle ne suffit cependant pas, à elle seule, à répondre aux difficultés structurelles de la filière. La préservation de ce savoir-faire dépend aussi du maintien des capacités de production, de la formation et, surtout, de la demande des maisons de lingerie, de mode et de haute couture.
Réunis sous une présence collective lors du salon Première Vision Paris en septembre dernier, les dentelliers de Calais-Caudry ont également mis en avant leurs développements et leur volonté d’élargir les applications de cette matière.
Pour les marques de lingerie, cette reconnaissance européenne vient préciser l’origine d’un produit dont les qualités techniques et esthétiques restent étroitement liées aux méthodes de fabrication. Reste, pour les manufactures, à transformer cette protection juridique en perspectives industrielles durables.

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Photo de couverture ©Beauvillain Davoine SAS Photo by Giovanni Giannoni
Dentelle Leavers (Dentelle de Calais-Caudry) – Sophie Hallette.




